Conversation avec Angelita Bettini del Rio

Angelita

… La collection « Ô rages ! » propose un ensemble de courtes biographies (une soixantaine de pages) de personnes anonymes ou peu connues qui racontent l’acte de résistance qu’elles ont été amenées à accomplir. Elles ont ainsi pris le risque de protester contre une injustice ou une situation qui les a indignées, hier ou d'aujourd'hui, en France ou dans d’autres pays du monde.

Leur témoignage est transcrit dans un langage simple, vivant et spontané, sous la forme d'une interview qui met le projecteur sur leur histoire personnelle et sur les conséquences de leur acte de résistance.

Chaque biographie est accompagnée de photos, de notes explicatives sur le contexte et d’une illustration permettant de visualiser, réalisée par un artiste peintre.

Ô rages ! met ainsi en valeur les paroles et les actes de ceux qui s’engagent dans des luttes légitimes, pour vivre en cohérence avec leurs idéaux de justice.

Parus en 2012 : conversation avec Angelita Bettini del Rio


Angèle Bettini del Rio, une jeune Toulousaine de 18 ans, voit sa vie basculer dans l’enfer des camps de concentration français pour avoir participé au lancer de tracts sur le cortège du maréchal Pétain le 5 novembre 1940.
La ville rose, après les années du Front populaire de 1936, est alors une cité turbulente, galvanisée par une forte culture ouvrière, solidaire avec les Républicains espagnols. Lorsque le maréchal félon pactise avec Hitler, Angèle veut crier son indignation, avec son groupe de camarades opposants. C’est ce qui lui vaudra d’être internée pendant quatre ans dans les camps vichystes du Sud Ouest : le Recebedou, Brens, Rieucros et Gurs.
Elle y fait preuve d’un esprit frondeur et d’un vrai courage. Et elle fraternise avec ces femmes que Pétain faisait enfermer en qualité d’« indésirables » : opposantes politiques, réfugiées espagnoles, tsiganes, juives...
Angelita, « la petite pasionaria » vibre toujours dans le regard clair et les paroles vives de cette rebelle de 90 ans : elle nous appelle à nous engager à notre tour pour faire cesser ce qui nous révolte, car, à ne vouloir qu’observer le monde, on finit parfois par accepter l’intolérable.